Étude : l'IA de Google cite les réseaux avant la presse
2 998 requêtes distinctes par pays, 7 jours : Google répond par l'IA dans 50,9 % des cas en France, 57,9 % au Royaume-Uni. La presse : 16 % des citations.
Par Gilles Helleu

L'essentiel en cinq points
- Sur l'actualité, l'IA de Google cite d'abord les réseaux sociaux et les plateformes vidéo (Facebook, YouTube, Instagram, TikTok, Reddit, X, LinkedIn, Threads, Pinterest) : 23 % des citations en France et 21 % au Royaume-Uni, contre 16 % et 5,9 % pour la presse certifiée (7,8 % en ajoutant les titres régionaux et les magazines britanniques). Vrai dans les deux pays, sur 14 des 16 croisements pays × thème ; en France, sur les thèmes médias et économie, presse et réseaux sont au coude à coude (médias : presse 1 536 citations, réseaux 1 493 ; économie : réseaux 1 294, presse 1 188).
- Une requête sur deux affiche une réponse IA : 50,9 % en France, 57,9 % au Royaume-Uni, sur 2 998 requêtes distinctes par pays sur des sujets d'actualité mesurées chaque jour du 19 au 25 août 2026. Mais plus une requête est cherchée, moins l'IA répond : 12 % au-delà de 10 000 recherches par mois.
- Au Royaume-Uni, la BBC reçoit à elle seule 4,4 % des citations, les trois quarts de ce que reçoit la presse certifiée stricte.
- Dix médias français, dont Radio France, franceinfo, Télérama et Vanity Fair, sont classés dans le top 10 de pages à réponse IA et n'y sont jamais cités. Aucun cas comparable au Royaume-Uni.
- Une requête sur quatre voit sa réponse IA apparaître ou disparaître dans la semaine : une mesure à un seul jour est un instantané, pas un état.
Pourquoi cette mesure, et pourquoi maintenant
Deux mesures françaises sont sorties pendant notre collecte, et elles convergent avec la nôtre. The Black Room, collectif de consultants SEO, a mesuré 25 000 requêtes d'actualité et d'entités le 9 août (mobile, un seul jour) : 55 % d'AI Overviews, au moins un titre ACPM cité dans 40 % des cas, Gala premier titre de presse cité, Wikipédia à 14 % des citations (Blog du Modérateur, 25 août 2026). SE Ranking a mesuré 100 000 requêtes les 7 et 8 août : 52,6 % d'AI Overviews (La Tribune, 26 août 2026). Nos chiffres français sont du même ordre (50,9 %, 44 % des réponses citant un titre de presse, gala.fr premier titre), ce qui renforce les deux mesures. Ce que cette étude ajoute : le Royaume-Uni en regard, sept jours au lieu d'un, des intervalles de confiance, l'effet du volume de recherche, la découpe sur le top 50 des marques britanniques et les dix médias français classés jamais cités.
Les études publiées sur les AI Overviews mesurent presque toutes des requêtes commerciales ou informationnelles génériques, sur un seul jour, et le plus souvent aux États-Unis. Notre propre étude du 12 août, « Wikipédia ne pèse rien », portait sur des requêtes d'achat relevées une seule fois. Les éditeurs de presse, eux, se demandent ce qui se passe sur les requêtes qui font leur trafic : les noms, les événements, les affaires du moment.
Le calendrier presse. En France, Google a lancé les AI Overviews le 22 juillet 2026, après avoir proposé aux éditeurs, par une lettre du 29 juin, une option de retrait des AI Overviews et d'AI Mode présentée comme sans effet sur l'indexation ni sur le classement. Le 23 juillet, le Syndicat des éditeurs de la presse magazine dénonçait une « violation manifeste des engagements de Google ». Le 11 août, l'Alliance de la presse d'information générale saisissait l'Autorité de la concurrence. Au Royaume-Uni, la question est déjà réglementaire : la Competition and Markets Authority a désigné Google comme acteur au statut de marché stratégique et prépare les obligations de conduite qui encadreront l'usage des contenus de presse dans ses réponses IA. Des deux côtés de la Manche, la même question est posée, et aucun chiffre de terrain ne circule.
Nous avons donc construit la mesure qui manquait : deux marchés, un panel d'actualité par marché, sept jours consécutifs, et le relevé complet de qui est cité. Les données brutes sont téléchargeables sur la page de l'étude, et chaque chiffre est recalculable.
Méthodologie
Deux panels de 2 998 requêtes distinctes sur des sujets d'actualité, l'un pour la France, l'autre pour le Royaume-Uni, construits à partir de sujets effectivement présents dans l'actualité au moment de leur constitution, puis figés pour toute la durée de la mesure. Chaque requête porte un thème, un registre (biographique, factuel, actualité, pratique, détecté par mots-clés dans la requête), une origine du sujet et un volume de recherche mensuel. Les requêtes sont les requêtes associées à ces sujets dans les données de mots-clés : un nom, un nom et un mot, une question courte.
Un panel tiré de la demande, pas des médias. Les sujets sont les pages Wikipédia les plus consultées dans chaque pays du 5 au 18 août 2026, rapportées à leur audience de juillet, typées via Wikidata, puis associées aux requêtes réellement tapées dans Google et à leurs volumes via DataForSEO Labs, avec un tirage stratifié par thème et par tranche de volume. Ce sont donc des requêtes sur des sujets qui ont fait l'actualité, pas des requêtes d'actualité chaude au sens strict (86 requêtes françaises et 77 britanniques contiennent un marqueur d'actualité explicite, les autres portent sur l'entité elle-même). Le panel étant dérivé d'entités Wikipédia, la place de Wikipédia parmi les sources citées est en partie un effet de construction.
Sept collectes quotidiennes. Chaque requête a été soumise chaque jour vers 15h00 UTC, du 19 au 25 août 2026, à Google France et à Google Royaume-Uni, au niveau du pays, sans ville, sur ordinateur, via l'API SERP de DataForSEO avec chargement des AI Overviews. Pour chaque relevé : présence ou non d'une réponse IA, liste complète des sources citées, dix premiers résultats classiques. 2 998 requêtes distinctes par pays (le tirage de 3 000 contient deux doublons), 41 971 relevés en sept jours. Une seconde collecte du 19 août, faite dans l'après-midi pour tester le protocole, est exclue.
Un classement des sources par référentiels publics, sans appréciation manuelle : presse écrite certifiée ACPM en France, hors programmes TV et hors audiovisuel (franceinfo.fr et radiofrance.fr sont classés audiovisuel) ; PAMCo, Newsworks et Newsquest au Royaume-Uni, plus les titres régionaux de Reach plc et quelques magazines nationaux ; audiovisuel d'information (BBC comprise) ; programmes de télévision ; encyclopédies ; réseaux sociaux et plateformes vidéo (Facebook, YouTube, Instagram, TikTok, Reddit, X, LinkedIn, Threads, Pinterest) ; et le reste.
Des intervalles de confiance partout. Tous les taux sont donnés avec un intervalle de confiance à 95 %. Les moyennes sur sept jours sont rééchantillonnées par bootstrap sur les requêtes, ce qui évite de compter sept fois la même requête comme sept observations indépendantes. Les écarts France / Royaume-Uni sont lus sur ces intervalles bootstrap.
Les enseignements
1. Sur l'actualité, la réponse IA est déjà majoritaire
En moyenne sur sept jours, 50,9 % des requêtes françaises 49,3 ; 52,5 et 57,9 % des requêtes britanniques 56,3 ; 59,5 affichent une AI Overview. L'écart de sept points entre les deux pays ne doit rien au hasard : les intervalles bootstrap ne se recouvrent pas. Mais les deux panels ne sont pas identiques (thèmes, volumes, 29 % de sujets américains côté britannique) ; pondéré par thème, l'écart passe à 10 points (47,9 % contre 57,8 %).
La semaine mesurée n'est pas plate. La France passe de 49,2 % le 19 août à 52,2 % le 25, avec un creux à 46,8 % le 20 ; le Royaume-Uni passe de 55,8 % à 59,9 %. Le taux monte de 3 à 4 points entre le 19 et le 25 août, puis se stabilise en France du 22 au 25 (52,1 / 53,0 / 52,7 / 52,2). Deux lectures possibles, et nos données ne les départagent pas : Google élargit la couverture ; ou les sujets du panel, figé le 18 août, refroidissent, et Google retire les Top Stories là où l'AI Overview prend leur place.

2. Plus une requête est cherchée, moins Google y répond par l'IA
C'est le résultat le plus contre-intuitif de la mesure. Le taux de réponse IA décroît régulièrement avec le volume de recherche, dans les deux pays : 54,8 % en France et 64,7 % au Royaume-Uni sous 100 recherches mensuelles, 52,8 % et 55,2 % entre 100 et 999, 40,9 % et 45,7 % entre 1 000 et 9 999, puis 12,8 % et 11,6 % à partir de 10 000.
Pondéré par le volume de recherche, c'est-à-dire vu du côté des lecteurs et non du côté des requêtes, le taux tombe à 17,6 % en France et 13,6 % au Royaume-Uni. Sur les grosses requêtes d'actualité chaude, Google affiche ses blocs d'actualités et ses résultats classiques, pas une synthèse. L'AI Overview occupe l'actualité tiède : le nom qu'on vérifie, l'affaire de la semaine dernière, la biographie.
Le registre le confirme. Les requêtes biographiques déclenchent une réponse IA dans 68,2 % des cas en France et 75,6 % au Royaume-Uni ; les requêtes factuelles dans 46,3 % et 54,4 %.

3. Une requête sur quatre change de statut au cours de la semaine
Sur sept jours, 37 % des requêtes françaises et 44 % des britanniques affichent une réponse IA tous les jours ; 39 % et 33 % n'en affichent jamais. Le quart restant, 24 % en France et 23 % au Royaume-Uni, bascule au moins une fois. D'un jour au suivant, 7 % des requêtes changent de statut.
Conséquence pratique : une mesure faite un seul jour se trompe d'environ trois points sur le taux, et se trompe complètement sur une requête donnée une fois sur quatre. Les études à passage unique, notre baromètre mensuel compris, décrivent un instantané, pas un état.

4. Ce que cite Google : d'abord Wikipédia et les plateformes, puis la presse
Sur 46 700 citations de domaines en France et 58 384 au Royaume-Uni (402 réponses britanniques, 3,3 %, et 64 françaises, 0,6 %, ne citent aucune source), la première catégorie est celle des « autres sites » (institutions, sites officiels, marques) : 40,6 % des citations en France et 52,3 % au Royaume-Uni. Côté britannique, elle contient environ 1 700 citations de presse étrangère non certifiée (people.com 694, forbes.com 345, businessinsider.com 257, nytimes.com 225, variety.com 179), soit 2,9 points que la presse perd par construction ; côté français, dailymotion.com (930) et les agrégateurs Yahoo. Viennent ensuite les réseaux sociaux et plateformes vidéo (23,0 % et 21,2 %), Wikipédia (16,2 % et 13,3 %), la presse certifiée (16,0 % et 5,9 %, soit 7,8 % avec les titres régionaux et magazines), puis l'audiovisuel d'information (2,4 % et 5,1 %).
Wikipédia est le domaine le plus cité des deux pays (13,9 % des citations en France, 12,0 % au Royaume-Uni), suivi de Facebook, YouTube et Instagram. Sur les requêtes du panel, l'IA de Google cite plus souvent la page Facebook ou le compte Instagram de la personnalité que l'article qui parle d'elle. Sans YouTube, les réseaux sociaux font 15,5 % des citations en France, contre 16,0 % pour la presse certifiée : jeu égal. Au Royaume-Uni, l'écart tient dans tous les cas (15,1 % contre 7,8 %). De même, sur les seuls sujets d'origine française, presse certifiée et réseaux sociaux sont à égalité (21,5 % contre 21,2 %) : le titre décrit le panel complet et le Royaume-Uni sans ambiguïté, la France de justesse.
La presse certifiée pèse 16,0 % des citations en France contre 5,9 % au Royaume-Uni (7,8 % avec les titres régionaux et magazines) ; les intervalles bootstrap ne se recouvrent pas. Comparaison indicative : les deux listes ne sont pas construites de la même façon, et sur les seuls sujets d'origine nationale l'écart se resserre (21,5 % en France, 12,8 % au Royaume-Uni avec les ajouts, 9,5 % en périmètre strict). En prenant tous les médias, 20,2 % contre 13,3 %. Et 51 % des réponses IA françaises citent au moins un média, contre 37 % des britanniques.
Cette presse citée n'est pas celle qu'on croit. En France, gala.fr est le premier titre de presse cité, devant Ouest-France, Le Parisien, Voici et Paris Match ; les magazines people (gala.fr, voici.fr, closermag.fr, parismatch.com) représentent 31 % des citations de presse, 25 % sans Paris Match. Au Royaume-Uni, The Guardian (1 051 citations) capte 31 % des citations de la presse certifiée stricte à lui seul, devant The Sun, le Mirror, The Independent et The Times.

5. La BBC est la presse britannique
Au Royaume-Uni, bbc.co.uk et bbc.com cumulent 2 573 citations, 4,4 % du total, soit plus que The Guardian (1 051), The Sun (477) et le Mirror (356) réunis. The Independent et The Times suivent avec 307 citations chacun. La BBC pèse à elle seule les trois quarts de ce que pèse la presse certifiée stricte (5,9 %), 56 % avec les titres régionaux et magazines. Retirez-la, et le service public d'information britannique disparaît des réponses IA : ITV reçoit 104 citations sur sept jours, Channel 4 en reçoit 46, Sky News 236.
Rien de comparable en France, où l'audiovisuel public est presque absent des citations, pour une raison que l'audience n'explique pas et que cette étude ne mesure pas (voir l'enseignement 7).

6. Le top 50 des marques d'information britanniques reçoit 16 % des citations
Nous avons croisé les citations britanniques avec le classement des 50 premières marques d'information par audience publié par Press Gazette (données Ipsos iris, juin 2026). Ces 50 marques reçoivent 16,1 % des citations 15,8 ; 16,4. 46 sont citées au moins une fois. Mais la répartition est très concentrée : la BBC et The Guardian captent 38,5 % de ces citations à eux deux.
L'audience ne prédit pas la citation. Le Daily Mail, dixième marque du pays avec 16,8 millions de lecteurs mensuels, reçoit 17 citations en sept jours. People.com, magazine américain classé 43e, en reçoit 694, plus que The Sun. Yahoo!, qui n'est pas un éditeur, en reçoit 819.

7. Dix médias français bien classés que l'IA ne cite jamais
Pour chaque page où une réponse IA s'affiche, nous avons comparé les dix premiers résultats classiques avec les sources citées. Dix médias français apparaissent dans le top 10 d'au moins 50 pages à réponse IA sur sept jours, et ne sont jamais cités. Les relevés sont comptés page par jour : une requête classée sept jours compte sept fois.
| Domaine | Relevés dans le top 10 (pages à réponse IA) | dont top 3 | Requêtes distinctes | Citations |
|---|---|---|---|---|
| radiofrance.fr | 871 | 299 | 166 | 0 |
| franceinfo.fr | 615 | 272 | 134 | 0 |
| vanityfair.fr | 321 | 175 | 60 | 0 |
| france3-regions.franceinfo.fr | 208 | 67 | 45 | 0 |
| telerama.fr | 180 | 50 | 38 | 0 |
| challenges.fr | 119 | 17 | 22 | 0 |
| vogue.fr | 91 | 45 | 21 | 0 |
| admagazine.fr | 87 | 57 | 16 | 0 |
| courrierinternational.com | 78 | 21 | 13 | 0 |
| france24.com | 55 | 21 | 12 | 0 |
Au total, 2 625 relevés dans le top 10 (une requête classée sept jours compte sept fois), dont 1 024 dans le top 3, soit 527 requêtes distinctes en additionnant les dix médias, pour zéro citation. Ce n'est pas une question de pertinence : Google classe ces pages, il ne les cite pas. Le cas le plus lourd n'est pas à zéro : lemonde.fr, 1 407 positions dans le top 10 (671 dans le top 3) et 11 citations en sept jours, 0,8 citation pour 100 positions. L'exclusion concerne Radio France, France Télévisions et France Médias Monde, les titres de Condé Nast (Vanity Fair, Vogue, AD), le groupe Le Monde sur trois titres (Le Monde quasi absent, Télérama et Courrier international à zéro) et Challenges. Au Royaume-Uni, aucun média ne présente ce profil : tous ceux classés au moins 50 fois sont cités, ne serait-ce qu'un peu.
Rien de visible sur les pages d'accueil (balise nosnippet) n'explique l'écart ; les pages d'articles et les en-têtes HTTP n'ont pas été vérifiés systématiquement. Le blocage de Google-Extended dans les robots.txt, fréquent chez ces sites, ne concerne pas les AI Overviews selon Google. L'explication la plus probable est ailleurs : l'option de retrait proposée par Google aux éditeurs français avant le lancement du 22 juillet (Journal du Net, 22 juillet 2026). Le profil « classé mais jamais cité » est exactement ce qu'elle produirait, et elle n'a pas d'équivalent connu au Royaume-Uni. Nous ne pouvons pas l'affirmer pour chacun des dix : seuls les éditeurs concernés, ou Google, peuvent le confirmer, et nous leur avons posé la question. Ce que la mesure établit, c'est le fait et son ordre de grandeur : pour ces dix médias, dont Radio France, France Télévisions et France Médias Monde, la réponse IA de Google est un espace où ils n'existent pas, par choix ou par défaut.

8. Trois URL citées sur dix ne viennent pas du top 10
29,1 % des URL citées en France et 31,8 % au Royaume-Uni proviennent de domaines absents des dix premiers résultats classiques de la même page. Le résultat est cohérent avec notre étude d'août sur les requêtes commerciales (42,3 % de domaines cités hors top 10) : sur l'actualité, la réponse IA suit davantage les résultats classiques, mais trois URL citées sur dix viennent d'ailleurs.
La longue traîne est réelle mais concentrée : 2 219 domaines cités en France, 2 826 au Royaume-Uni, un quart cités une seule fois. Les dix premiers domaines captent 44,6 % des citations en France et 41,6 % au Royaume-Uni. Parmi les seuls médias, dix domaines captent 52,7 % des citations en France et 73,4 % au Royaume-Uni.

Ce que cela change pour les éditeurs
Pour la presse britannique, la mesure arrive au moment où la CMA fixe les règles, avec un ordre de grandeur que personne n'avait : sur l'actualité, la presse certifiée stricte reçoit 5,9 % des citations (7,8 % avec les titres régionaux et magazines), la BBC 4,4 %, Wikipédia 13,3 %, les réseaux sociaux 21,2 %. Et l'audience ne protège pas : le Daily Mail est quasi absent, People.com est devant The Sun.
Pour la presse française, deux résultats. D'abord, la presse certifiée est mieux citée qu'au Royaume-Uni (16,0 % contre 5,9 %, comparaison indicative), et ce sont les magazines people qui tirent le chiffre. Ensuite, dix médias, dont Radio France, France Télévisions et France Médias Monde, sont exclus des citations alors qu'ils sont classés. Si c'est un choix, il mérite d'être connu de leurs lecteurs et de leurs annonceurs ; si ce n'en est pas un, il mérite d'être corrigé. Dans les deux cas, un éditeur qui ne suit pas ses citations IA ne sait pas s'il a disparu.
Pour tout le monde, la variabilité. Un quart des requêtes change de statut dans la semaine, et le taux global a pris trois à quatre points en sept jours. Un chiffre de taux d'AI Overview donné sans date ni intervalle de confiance ne veut rien dire.
Limites
Ordinateur uniquement, au niveau du pays, sans ville, sept jours consécutifs en août : ce sont des chiffres datés, et la semaine mesurée montre elle-même une hausse de trois à quatre points, dont nos données n'établissent pas la cause.
Les référentiels de presse ne sont pas symétriques. L'ACPM certifie des sites nommément ; les listes britanniques sont reconstruites à partir de PAMCo, Newsworks, Newsquest et Reach, et sous-représentent la presse locale hors de ces groupes. La comparaison sur la presse au sens strict est donc indicative ; les périmètres « tous domaines » et « médias » sont comparables. Nous publions les deux valeurs britanniques, avec et sans les ajouts régionaux et magazines. Les intervalles sur les parts de citations traitent les sept relevés comme indépendants alors que les mêmes réponses citent les mêmes domaines chaque jour ; ils sont donc trop étroits, et les conclusions reposent sur les intervalles bootstrap des taux.
Les panels surreprésentent les sujets à faible volume, ce que la pondération par le volume corrige, au prix d'un intervalle de confiance plus large. Le classement des sources est mécanique : un site absent des référentiels tombe dans « autres », la première catégorie, qui contient côté britannique environ 1 700 citations de presse étrangère non certifiée (2,9 points que la presse perd par construction) et côté français dailymotion.com et les agrégateurs Yahoo.
Enfin, une citation n'est pas un clic. Cette étude mesure qui Google cite, pas qui reçoit du trafic.
Données et comment citer
Tout est téléchargeable sur la page de l'étude : taux par jour, par pays, par thème, registre, volume et origine, domaines cités avec leur catégorie, découpe Press Gazette, présence organique des médias et rapport d'agrégation complet. Licence CC BY 4.0. Les requêtes brutes et les relevés jour par jour sont fournis sur demande aux chercheurs et aux journalistes.
Pour citer ces données : ForgR, Baromètre des citations IA : France et Royaume-Uni, édition août 2026 (2 998 requêtes distinctes par pays sur des sujets d'actualité, mesurées du 19 au 25 août 2026). https://forgr.co/etudes/actualite-ai-overviews-france-royaume-uni-2026-08/ Cet article est l'analyse de la première édition d'un baromètre trimestriel ; la prochaine vague est prévue en novembre 2026.
Étude ForgR, réalisée par Gilles Helleu et Paméla Michel, cofondateurs.